Un sac à dos posé contre le comptoir d'un petit café de quartier, un tablier plié et un trousseau de clés à côté, sans aucune inscription lisible
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Vacances-travail à Taïwan : un visa qui vaut permis de travail, et ce qu'il ne couvre pas

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Scène fictive

Faut-il un permis de travail pour servir des cafés à Tainan ou faire les chambres d'une auberge à Hualien avec un visa vacances-travail ? Non. Le visa en tient lieu. Pour l'administration de l'immigration, le titulaire n'en reste pas moins un visiteur, et c'est là que les surprises arrivent : assurance maladie, déclaration à l'assurance des travailleurs, retenue d'impôt.

Un permis de travail intégré au visa

La règle tient en un article. Lorsqu'un accord international écrit, dont l'objet principal n'est pas le travail, autorise des étrangers à travailler et fixe leur nombre et la durée de leur séjour, le visa délivré en application de cet accord est réputé valoir permis de travail, pour un an au plus (règlement sur l'autorisation et la gestion de l'emploi des étrangers (雇主聘僱外國人許可及管理辦法), article 4). L'employeur n'a donc aucune demande à déposer.

Taïwan applique de tels programmes avec la France depuis le 8 août 2016, avec la Belgique depuis le 29 mars 2013 et avec le Canada depuis le 1er juillet 2010, selon les fiches du Bureau des affaires consulaires (外交部領事事務局) consacrées aux Français, aux Belges et aux Canadiens. Les trois fiches posent le même principe : le séjour sert d'abord aux vacances, et le travail reste un moyen de le financer. Un emploi spécialisé ou technique suppose les qualifications et les inscriptions professionnelles exigées à Taïwan.

Les détails varient. Les Français et les Belges doivent avoir de 18 à 30 ans inclus au moment de la demande, les Canadiens de 18 à 35 ans inclus. Pour les Belges, la fiche ajoute deux limites : pas d'emploi permanent, et six mois de travail au plus. Les Canadiens peuvent déposer leur demande à Taïwan même, auprès du Bureau des affaires consulaires ou des bureaux régionaux du ministère des Affaires étrangères, et le programme canadien vise aussi les stages prévus par un cursus au Canada et les formations organisées sous contrat.

Un visa de visiteur, avec ses limites

Sur le plan de l'immigration, le visa vacances-travail est un visa de visiteur (停留簽證) à entrées multiples, valable un an. Chaque entrée ouvre un séjour de 180 jours au plus, prolongeable une fois, de 180 jours au plus, si la demande est faite à l'Agence nationale de l'immigration dans les quinze jours qui précèdent l'échéance. Le séjour total ne peut dépasser un an à compter de la première entrée, et aucun changement de visa n'est possible depuis Taïwan. Une personne qui quitte l'île après la fin de validité du visa ne peut plus l'utiliser pour revenir.

L'employeur et les assurances des travailleurs

Le visa ne change rien aux obligations de l'employeur. Les sociétés et commerces qui emploient au moins cinq salariés doivent les affilier à l'assurance des travailleurs, de 15 à 65 ans, et la loi précise que les salariés étrangers en font partie (loi sur l'assurance des travailleurs (勞工保險條例), article 6, alinéas 1 et 3).

L'assurance accidents du travail va plus loin. Elle ne connaît pas de seuil d'effectif : tout salarié de 15 ans ou plus employé par un employeur titulaire d'une licence d'exercice, enregistré ou immatriculé à l'impôt doit y être affilié par cet employeur (loi sur l'assurance et la protection contre les accidents du travail (勞工職業災害保險及保護法), article 6, alinéa 1). Un petit café qui n'emploie que deux personnes est donc concerné s'il est enregistré.

Côté rémunération, le salaire minimum s'applique aux salariés relevant de la loi sur les normes du travail (loi sur le salaire minimum (最低工資法), article 3). En 2026, il s'élève à 29 500 dollars taïwanais par mois et à 196 dollars de l'heure. Le ministère du Travail a annoncé le 16 octobre 2026 son passage à 30 900 dollars et 205 dollars de l'heure au 1er janvier 2027, a rapporté l'agence CNA, sur la base de la décision du conseil d'examen du 24 septembre.

La santé, hors du système national

Voilà la vraie différence avec un salarié résident. Un étranger n'entre dans l'assurance maladie nationale qu'avec un document de résidence à Taïwan et, en plus, six mois de résidence ou un emploi salarié chez un employeur déterminé (有一定雇主之受僱者) (loi sur l'assurance maladie nationale (全民健康保險法), article 9). Le titulaire d'un visa de visiteur n'a pas ce document.

Les fiches consulaires imposent de leur côté une assurance. Pour obtenir le visa, les Français doivent justifier d'une assurance santé couvrant la maladie, la maternité, l'invalidité, l'hospitalisation et tous les risques liés, ainsi que les frais de rapatriement sanitaire, et les Belges d'une assurance qui couvre aussi les accidents survenus au travail. Si une blessure survient au travail, l'assurance accidents du travail souscrite par l'employeur reste, elle, la première piste à vérifier.

L'impôt sur le salaire : tout se joue à 183 jours

Le fisc taïwanais raisonne par année civile. Une personne sans domicile à Taïwan devient résidente fiscale lorsqu'elle y séjourne au moins 183 jours au cours de l'année (loi sur l'impôt sur le revenu (所得稅法), article 7, alinéa 2).

Tant qu'elle ne l'est pas, l'employeur retient 18 % du salaire versé. Le taux tombe à 6 % lorsque le salaire mensuel total ne dépasse pas une fois et demie le salaire de base mensuel approuvé par le Yuan exécutif (barème des taux de retenue à la source (各類所得扣繳率標準), article 3, alinéa 1, point 2).

Un PVT commencé en septembre et achevé en août chevauche deux années. Chaque année se compte à part. Le résident dépose sa déclaration entre le 1er et le 31 mai de l'année suivante, et c'est par cette déclaration que l'on demande la restitution d'un trop-retenu (article 71, alinéas 1 et 3). Un résident qui supprime en cours d'année son domicile ou sa résidence à Taïwan (住所或居所) et quitte l'île n'attend pas le mois de mai : il déclare et paie l'impôt de l'année avant son départ. Si son conjoint, lui-même résident, continue de vivre à Taïwan, c'est ce conjoint qui déclare les revenus du foyer dans les conditions de l'article 71 (article 71-1, alinéa 2). Une sortie suivie d'un retour, sans abandon de la résidence, n'entre pas dans ce cas.

Quand l'employeur ne joue pas le jeu

Salaire impayé, accident sans déclaration, licenciement du jour au lendemain : un titulaire de PVT est un salarié comme un autre, avec un calendrier plus court. L'avocate Wei Tseng (曾雋崴), du cabinet Hovering International Law Firm (昊鼎國際法律事務所), répond aux questions de droit du travail à Taïwan à l'adresse wei@hoveringlaw.com.tw, en anglais, en chinois, en japonais ou en coréen ; le cabinet a des bureaux à Taipei, 103 臺北市大同區承德路一段35號7樓之2, et à Taichung, 40453 臺中市北區館前路19號6樓之1. Pour un séjour qui ne dépasse pas un an, le premier repère reste la date de première entrée inscrite dans le passeport.

Sources

Date de consultation : 22 octobre 2026.

Questions fréquentes

Avec un visa vacances-travail pour Taïwan, mon employeur doit-il demander un permis de travail ?
Non. Le visa obtenu dans le cadre d'un accord international dont l'objet principal n'est pas le travail, et qui prévoit l'autorisation de travailler, est réputé valoir permis de travail pour un an au plus (article 4 du règlement sur l'autorisation et la gestion de l'emploi des étrangers). Le travail doit rester un moyen de financer le séjour, les emplois spécialisés ou techniques supposent les qualifications et inscriptions exigées à Taïwan, et les ressortissants belges ne peuvent pas occuper d'emploi permanent ni travailler plus de six mois au total, selon le Bureau des affaires consulaires.
Mon employeur doit-il me déclarer à l'assurance des travailleurs ?
Cela dépend de l'employeur. Les sociétés et commerces qui emploient au moins cinq salariés doivent assurer leurs employés âgés de 15 à 65 ans, y compris les étrangers (article 6 de la loi sur l'assurance des travailleurs). L'assurance accidents du travail concerne en outre, sans seuil d'effectif, les salariés des employeurs titulaires d'une licence, enregistrés ou immatriculés à l'impôt (article 6 de la loi sur l'assurance et la protection contre les accidents du travail).
Puis-je m'inscrire à l'assurance maladie nationale (NHI) pendant mon PVT ?
En principe, non. Pour un étranger, l'affiliation suppose un document de résidence à Taïwan, plus six mois de résidence ou un emploi salarié chez un employeur déterminé (article 9 de la loi sur l'assurance maladie nationale). Le visa vacances-travail est un visa de visiteur (停留簽證) à entrées multiples. Le Bureau des affaires consulaires exige par ailleurs, pour le délivrer, une assurance santé couvrant au moins l'hospitalisation et le rapatriement sanitaire pendant le séjour.

Cet article donne des informations générales et ne constitue pas un conseil juridique sur une situation particulière.