Peut-on prendre une commande de vin sur internet si le client vient ensuite payer et retirer les bouteilles en boutique ? La direction des finances de Taipei précise que la commande par réseau social, application ou formulaire électronique est interdite, qu’elle débouche sur un retrait ou une livraison.
Pour un domaine ou un négociant français qui prépare les ventes de son importateur taïwanais, cette limite concerne aussi la campagne publicitaire. Un visuel peut renvoyer vers une boutique physique ; un lien qui recueille la référence et la quantité commandées pose une autre question. L’article 30 de la loi taïwanaise sur le tabac et les boissons alcoolisées interdit notamment la vente ou la cession par achat électronique.
La déclaration de majorité ne débloque pas le panier
Le texte vise les distributeurs automatiques, la vente par correspondance, l’achat électronique et les autres modes ne permettant pas d’identifier l’âge de l’acheteur ou du bénéficiaire. La direction des finances de Taichung rappelle expressément que la mise en place d’un mécanisme de vérification d’identité ne permet pas de vendre de l’alcool sur internet. Un compte client réservé aux adultes ne constitue donc pas une autorisation.
Avant de valider le dispositif proposé par un partenaire, le responsable export devrait parcourir le chemin suivi par un client : lien publicitaire, page d’arrivée, formulaire, messagerie, confirmation puis remise des bouteilles. À quel moment la commande est-elle recueillie ? Déplacer cette étape vers un message privé ou repousser l’encaissement ne suffit pas à établir la conformité du parcours.
La FAQ de Taipei inclut explicitement les réseaux sociaux. Une conversation servant seulement à donner l’adresse du caviste n’a pas le même contenu qu’un échange enregistrant une commande déterminée. Pour une fonction ambiguë de réservation, le scénario exact et les écrans doivent être soumis à l’autorité compétente avant sa mise en service, sans supposer que le mot « réservation » écarte l’interdiction.
Une page informative peut être une publicité
La présence d’une bouteille ou du nom d’une cuvée sur internet n’est pas, à elle seule, une vente électronique. L’article 37 encadre les publicités et promotions pour l’alcool : il impose des avertissements et interdit notamment l’incitation à boire, les contenus visant les mineurs, les présentations trompeuses et les allégations d’effets médicaux ou bénéfiques pour la santé.
À Taipei, les principes administratifs sur la publicité en ligne examinent le contenu dans son ensemble et la finalité de promotion d’un vin. Une page sans bouton d’achat peut rester publicitaire. Un contenu ayant l’apparence d’un reportage peut également être publicitaire lorsqu’il résulte d’une mission de promotion.
Ces principes réservent aussi des situations d’information sans finalité promotionnelle, appréciées au cas par cas. Ils ne rendent donc pas illégale toute discussion en ligne sur le vin. Leur champ est celui de la qualification publicitaire à Taipei ; ils ne créent pas une permission de vendre en ligne au titre de l’article 30.
Pour la marque française, la distinction se traduit dans le brief remis à l’agence : une présentation de terroir, un compte rendu de dégustation et une campagne pour une cuvée ne doivent pas être validés à partir du seul nom du format. Le texte final, les images, la relation avec l’auteur et la destination des liens comptent ensemble.
Des avertissements visibles dans le format réellement publié
L’article 37 exige la mention visible « 禁止酒駕 » — interdiction de conduire après avoir bu — ainsi que « 飲酒過量,有害健康 » ou un autre avertissement admis. La seconde formule indique que la consommation excessive nuit à la santé. Une traduction française seule ne devrait pas remplacer les mentions réglementaires destinées au marché taïwanais.
Selon l’article 11 du règlement d’application, les avertissements doivent occuper une zone continue et indépendante représentant au moins 10 % du support. La surface des caractères doit atteindre au moins la moitié de celle du fond réservé à l’avertissement, avec des couleurs contrastées. Cet espace ne doit pas contenir de texte ou d’image sans rapport avec l’avertissement, sous réserve du pictogramme prévu par le règlement.
En vidéo, l’incrustation doit être permanente. Pour un message uniquement sonore, l’avertissement doit être clairement audible.
Un recadrage peut couper l’avertissement. Une traduction ajoutée au dernier moment peut réduire sa lisibilité. Le contrat avec l’importateur ou l’agence peut préciser, pour chaque format, qui valide le fichier final avant sa diffusion, qui conserve les versions publiées et qui détient les accès nécessaires pour retirer une publication erronée sans attendre l’intervention d’un autre prestataire. Ces dispositions organisent le travail ; elles ne remplacent pas les obligations légales.
Le canal de vente fait partie de la négociation commerciale
Business France annonçait Tastin’France à Taipei pour le 19 mai 2026, à destination des producteurs et négociants français de vins et spiritueux. Ces rencontres professionnelles permettent d’aborder les circuits envisagés avec les importateurs. Elles ne préjugent pas de la légalité du parcours de vente au consommateur proposé ensuite.
Dans une discussion contractuelle, le fournisseur peut demander quels points de vente assureront les transactions et qui contrôlera les campagnes, les publications des partenaires et les modifications des liens. La licence d’utilisation des photographies devrait aussi préciser les formats et les usages autorisés. Le traitement d’une publicité irrégulière doit être possible sans attendre de renégocier toute la distribution.
Un examen en droit taïwanais peut commencer par un résumé non confidentiel et les liens publics du parcours envisagé, envoyés à wei@hoveringlaw.com.tw. Les consultations se tiennent en anglais, chinois, coréen ou japonais ; une autre méthode de communication reste à confirmer si nécessaire. La réception de ces éléments ne vaut pas acceptation d’un mandat.
Avant le lancement de la campagne, la version à vérifier comprend le visuel complet, ses avertissements et chaque page ouverte par ses liens, jusqu’au point où le client est invité à commander.
Sources et portée
Sources consultées le 25 octobre 2026. Cet article traite de la publicité et de la prise de commande à Taïwan, sans analyser les autorisations d’importation, la fiscalité de l’alcool ou le droit français applicable à une campagne.
- Loi taïwanaise sur le tabac et les boissons alcoolisées : article 30 et article 37.
- Règlement d’application, article 11 : présentation des avertissements.
- Direction des finances de Taipei : commandes électroniques, retrait et livraison.
- Direction des finances de Taichung : vérification d’identité et interdiction de vendre sur internet.
- Taipei : principes de qualification des publicités et promotions d’alcool en ligne.
- Business France : Tastin’France Taipei, 19 mai 2026, événement passé.
Questions fréquentes
- Un client peut-il commander sur un réseau social puis payer en boutique ?
- La direction des finances de Taipei précise que la commande électronique de boissons alcoolisées, par réseau social, application ou formulaire en ligne, est interdite aussi bien pour un retrait que pour une livraison. Le paiement différé ne doit pas être présenté comme une autorisation de prendre la commande en ligne.
- Un contrôle d’âge sur le site autorise-t-il la vente en ligne ?
- Non selon les consignes publiées par la direction des finances de Taichung : même la mise en place d’un mécanisme de vérification d’identité ne permet pas de vendre de l’alcool sur internet. Une case déclarant que l’utilisateur est majeur ne doit donc pas servir de fondement au lancement d’une boutique en ligne.
- Toute présentation d’un vin sur internet est-elle interdite ?
- Non. Il faut distinguer la vente électronique, la publicité et l’information. La publicité est encadrée par l’article 37 et les règles sur les avertissements. Les principes de Taipei apprécient l’ensemble du contenu et son objectif promotionnel ; une présentation informative ne bénéficie pas d’une exemption automatique parce qu’elle est appelée article ou reportage.
Cet article donne des informations générales et ne constitue pas un conseil juridique sur une situation particulière.



