Une procuration qui autorise la clôture d'un compte et l'encaissement du solde donne des pouvoirs plus étendus qu'une simple demande d'informations. Pour un héritier qui signe depuis la France, ces verbes doivent être lus avant de faire certifier la signature. Le compte concerné et le destinataire des fonds doivent être identifiés.
Le dossier commence aussi par la nationalité du défunt au décès. C'est le point de départ retenu par l'article 58 de la loi taïwanaise de droit international privé pour déterminer la loi successorale, avec une réserve permettant aux ressortissants taïwanais héritiers selon le droit taïwanais d'hériter des biens situés à Taïwan. Résider en France ne renseigne donc pas, à soi seul, sur la loi qui déterminera les héritiers.
La preuve des droits et le formulaire de la banque
En présence de plusieurs nationalités, l'article 2 recherche celle présentant les liens les plus étroits. Un testament, un régime matrimonial ou la situation d'un mineur peuvent soulever d'autres questions. Le calcul des parts exige ces vérifications ; la présentation des successions et de la protection des mineurs à Taïwan offre un cadre général complémentaire.
Avant de commander des traductions, il est utile d'obtenir la liste écrite de la banque et ses formulaires actuels. À titre d'exemple, la notice de Bank of Panhsin prévoit des pièces relatives au décès, aux héritiers, à leur identité et à la situation fiscale, avec des modalités différentes selon le dossier. Pour une demande par mandataire depuis l'étranger, elle mentionne une autorisation certifiée par une représentation taïwanaise ou un organisme habilité. Ces exigences sont celles de cette banque ; elles ne remplacent pas les instructions de l'établissement qui détient effectivement le compte.
Quelle pièce permettra à cette banque d'identifier tous les héritiers ? L'acte de décès, les actes d'état civil, les documents taïwanais d'enregistrement du foyer et un éventuel acte de notoriété français doivent être présentés comme des pièces à faire examiner. Leur nom ne suffit pas à garantir leur acceptation. Les variations de transcription du nom chinois, du nom de naissance et du nom d'usage doivent être signalées avant la certification.
Le circuit de légalisation depuis la France
Selon le tableau officiel de France Diplomatie, mis à jour le 15 septembre 2026, Taïwan relève du régime de légalisation sans relations diplomatiques. Le régime indiqué n'est pas celui de l'apostille. Cette distinction change le circuit documentaire.
Les interlocuteurs français ont aussi changé. Pour les actes relevant de la procédure en métropole, les instances notariales désignées sont compétentes pour la légalisation depuis le 1er septembre 2025, selon France Diplomatie. La procédure diffère pour certains territoires ultramarins. Le type d'acte, son lieu d'établissement, la signature concernée et la traduction doivent être précisés à la représentation taïwanaise compétente pour confirmer les étapes restantes.
Une légalisation n'établit pas la part successorale. L'article 15 de la loi taïwanaise sur la légalisation documentaire limite l'authentification à la signature, au sceau ou à l'existence formelle du document ; elle ne valide pas son contenu. Faire certifier une procuration mal adaptée laisse donc intact le problème de ses pouvoirs.
Pour un immeuble, une démarche foncière distincte
Les droits réels sur un bien situé à Taïwan relèvent de la loi de son lieu de situation, conformément à l'article 38. Il faut ainsi identifier les références foncières, les titulaires inscrits et l'opération envisagée : inscription successorale, partage ou vente. Un mandat préparé pour une banque ne doit pas être réutilisé sans vérifier son étendue.
L'inscription successorale peut être demandée par un héritier pour l'ensemble des héritiers, dans les conditions de l'article 73 de la loi foncière. Le texte prévoit six mois à compter de l'ouverture de la succession et une amende possible en cas de retard. Cette faculté de déposer ne permet pas de présumer un pouvoir de vendre seul le bien.
Le calendrier fiscal se vérifie parallèlement. L'article 23 de la loi sur les droits de succession et de donation prévoit en principe une déclaration dans les six mois à compter du lendemain du décès, avec des points de départ particuliers dans les cas qu'il énumère. Une demande motivée de prorogation doit précéder l'expiration du délai ; elle est normalement limitée à trois mois, sous réserve de force majeure ou d'autres circonstances spéciales (article 26).
Les pièces à faire valider avant l'envoi des originaux
Un inventaire partagé peut relever, pour chaque organisme, le document demandé, les signataires, la traduction, la certification, les originaux conservés et l'échéance. Cette liste évite de faire signer successivement plusieurs procurations incompatibles. Le notaire français et le conseil chargé des démarches taïwanaises doivent disposer du même inventaire de biens.
Pour une demande initiale, la page de contact indique wei@hoveringlaw.com.tw. La ville de signature, les nationalités du défunt, les organismes concernés et les dates proches permettent d'orienter l'échange sans envoyer de passeport ni de numéro de compte complet. Les consultations ont lieu en anglais, chinois, japonais ou coréen ; les modalités de communication sont à confirmer. Ce texte décrit la préparation du dossier et ne fixe pas les droits d'un héritier particulier. Avant tout envoi postal, chaque original devrait avoir un destinataire et une fonction identifiés.
Sources
Vérification : 23 octobre 2026. Les dispositions taïwanaises citées sont en vigueur ; les instructions bancaires restent propres à l'établissement.
- Loi de droit international privé : 2, 38 et 58.
- Bank of Panhsin : formalités successorales sur les dépôts.
- France Diplomatie : tableau du 15 septembre 2026, page 9 et compétence en matière de légalisation.
- Ministère taïwanais des Affaires étrangères : loi sur la légalisation documentaire, article 15.
- Loi foncière : article 73.
- Loi sur les droits de succession et de donation : 23 et 26.
Questions fréquentes
- Ma résidence en France signifie-t-elle que le droit français régit toute la succession ?
- La résidence de l'héritier ne suffit pas. Le point de départ de l'article 58 de la loi taïwanaise de droit international privé est la loi nationale du défunt au décès, avec une réserve pour les héritiers taïwanais sur les biens situés à Taïwan. Les droits réels immobiliers suivent la loi du lieu du bien.
- Une apostille française suffit-elle pour les documents destinés à Taïwan ?
- Le tableau de France Diplomatie mis à jour le 15 septembre 2026 classe Taïwan dans le régime de légalisation, et non d'apostille. Il faut faire confirmer le circuit propre à chaque document et à sa traduction par l'organisme destinataire et la représentation taïwanaise compétente avant signature ou envoi.
- Une procuration bancaire permet-elle aussi de vendre l'appartement hérité ?
- Il faut vérifier les pouvoirs accordés. Demander les renseignements d'un compte, le clôturer, recevoir les fonds, procéder à une inscription foncière et vendre un immeuble sont des actes différents. Les documents doivent être adaptés à l'opération et acceptés par l'organisme concerné.
Cet article donne des informations générales et ne constitue pas un conseil juridique sur une situation particulière.



