Un passeport fermé, une enveloppe kraft et un stylo posés sur le comptoir vide d'un guichet, sans personne ni inscription lisible
← Retour aux décryptagesDécryptages

Visas taïwanais pour les Marocains : la reprise du 12 octobre et les règles qui n'ont pas bougé

5 min de lecture

Scène fictive

Article rédigé à partir d’une actualité. La situation ou les textes ont pu évoluer depuis sa publication.

Du 30 juillet au 12 octobre 2026, Taïwan n'a plus traité les demandes de visa des ressortissants marocains, sauf autorisation spéciale. Le 12 octobre, le ministère des Affaires étrangères a annoncé la reprise immédiate, a rapporté le service public PTS le jour même. Les Marocains peuvent de nouveau déposer leur demande auprès des représentations taïwanaises à l'étranger, selon les règles applicables, a précisé le ministère, cité par Newtalk.

Tout est parti d'une mesure de réciprocité. Le 23 juillet, le Maroc avait cessé sans préavis d'accepter les demandes de « lettre de confirmation de visa » (VCL) dont les Taïwanais ont besoin pour s'y rendre, et Taïwan avait répondu par sa propre suspension le 30 juillet, selon PTS et le communiqué du ministère rapporté par Newtalk. D'après ce communiqué, le Maroc traite de nouveau ces lettres depuis le 21 septembre. PTS rappelle toutefois qu'une réponse antérieure du ministère faisait état d'une réouverture limitée aux voyages touristiques, et que Taipei comptait vérifier si des Taïwanais obtenaient effectivement leur visa. Radio Taiwan International (13 octobre) donne les mêmes repères : reprise marocaine le 21 septembre, reprise taïwanaise trois semaines plus tard.

Pour un Marocain qui prépare un voyage d'affaires, des études ou une visite familiale, la porte est rouverte. Les règles qui s'appliquent derrière cette porte, elles, n'ont pas changé.

Une loi qui prend en compte les relations entre pays

La loi sur les visas des passeports étrangers (外國護照簽證條例) le dit sans détour. À l'article 12, alinéa 1, le ministère et les représentations à l'étranger décident en pesant l'intérêt national, la situation personnelle du demandeur et les relations entre son pays et Taïwan. Les comptes rendus de l'annonce du 12 octobre parlent de réciprocité, sans citer d'article de loi. Le texte montre en tout cas que la relation entre deux États fait partie, légalement, de l'examen d'une demande individuelle.

Ce même article énumère douze motifs pour lesquels un visa peut être refusé. Trois concernent directement les voyageurs ordinaires : une déclaration mensongère ou une dissimulation sur le but du voyage (point 4), un dépassement de séjour ou un travail illégal lors d'un séjour antérieur (point 5), et l'incapacité de subvenir à ses besoins à Taïwan ou le risque d'y travailler illégalement (point 6). Un refus peut ne pas être motivé (alinéa 2).

Une demande refusée pendant la suspension peut-elle être redéposée ? La loi ne l'interdit pas. Elle sera examinée à l'aune des mêmes critères.

Visiteur ou résident : le visa suit le projet

Quatre catégories de visas coexistent : diplomatique, de courtoisie, de visiteur (停留) et de résident (居留) (article 7). Le visa de visiteur vise un séjour de courte durée, le visa de résident un séjour de longue durée (articles 10 et 11). La durée de validité, la durée de séjour, le nombre d'entrées, les motifs admis et les pièces à fournir sont fixés par le ministère des Affaires étrangères (article 7, alinéa 2).

Le choix n'est pas qu'une formalité. Pendant son séjour, l'étranger ne doit exercer aucune activité qui ne correspond pas au motif pour lequel ce séjour a été autorisé, et personne ne peut l'y amener (loi sur l'immigration (入出國及移民法), article 29). En cas de manquement, l'Agence nationale de l'immigration peut l'expulser ou lui ordonner de partir dans les dix jours (article 36, alinéa 2, point 4).

Le travail, la ligne à ne pas franchir

Où passe la limite entre un déplacement d'affaires et un travail ? La loi ne dresse pas de liste. Son point de départ est simple : sauf exception légale, un étranger ne peut travailler à Taïwan que si son employeur a demandé et obtenu une autorisation (loi sur les services de l'emploi (就業服務法), article 43).

Les sanctions frappent les deux côtés. L'étranger qui travaille sans permis encourt une amende de 30 000 à 150 000 dollars taïwanais. Il reçoit l'ordre de quitter immédiatement le territoire et ne peut plus travailler à Taïwan (article 68, alinéas 1 et 3). L'employeur qui l'a fait travailler risque de 150 000 à 750 000 dollars taïwanais, et une récidive dans les cinq ans relève du pénal (articles 57, point 1, et 63).

Reste l'effet le plus durable. Un travail illégal lors d'un séjour fait partie des motifs de refus des visas suivants (article 12, alinéa 1, point 5, de la loi sur les visas).

Après la reprise

Pour une entreprise taïwanaise qui attendait la venue d'un ingénieur marocain, ou pour une famille qui prépare la venue d'un proche, la question utile est celle du visa adapté au projet réel, et, s'il y a travail, de l'autorisation que l'employeur doit obtenir avant que le travail commence.

L'avocate Wei Tseng (曾雋崴), du cabinet Hovering International Law Firm (昊鼎國際法律事務所), répond aux questions sur les visas, les autorisations de travail et les séjours à Taïwan à l'adresse wei@hoveringlaw.com.tw, en anglais, en chinois, en japonais ou en coréen. Le cabinet a des bureaux à Taipei, 103 臺北市大同區承德路一段35號7樓之2, et à Taichung, 40453 臺中市北區館前路19號6樓之1. Pour une demande refusée pendant l'été, la date du refus et la catégorie de visa demandée sont les deux informations à retrouver d'abord.

Sources

Date de consultation : 22 octobre 2026.

Questions fréquentes

Les ressortissants marocains peuvent-ils de nouveau demander un visa pour Taïwan ?
Oui. Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a annoncé le 12 octobre 2026 la reprise, à compter de ce jour, du traitement des demandes de visa des ressortissants marocains, qui peuvent les déposer auprès des représentations taïwanaises à l'étranger selon les règles applicables. Depuis le 30 juillet, ces demandes n'étaient plus traitées, sauf autorisation spéciale, en réponse à la suspension décidée par le Maroc pour les voyageurs taïwanais. Ces informations proviennent des reportages de PTS et de Radio Taiwan International.
Taïwan peut-il refuser un visa sans donner de raison ?
Oui. Selon l'article 12 de la loi sur les visas des passeports étrangers, le ministère et les représentations décident en tenant compte de l'intérêt national, de la situation personnelle du demandeur et des relations entre son pays et Taïwan. Le même article énumère des motifs de refus, comme une déclaration mensongère ou une dissimulation sur le but du voyage, un dépassement de séjour ou un travail illégal antérieurs, ou un risque de travail illégal, et précise qu'un refus peut ne pas être motivé.
Puis-je travailler à Taïwan avec un visa de visiteur ?
Pas sans autorisation. Un étranger ne peut travailler à Taïwan que si son employeur a obtenu un permis de travail, sauf exception prévue par la loi (article 43 de la loi sur les services de l'emploi). Celui qui travaille sans permis encourt une amende de 30 000 à 150 000 dollars taïwanais, reçoit l'ordre de quitter le territoire et ne peut plus travailler à Taïwan (article 68). L'employeur encourt de 150 000 à 750 000 dollars taïwanais (articles 57 et 63), et l'Agence nationale de l'immigration peut expulser l'étranger dont l'activité ne correspond pas au motif de son séjour (article 36 de la loi sur l'immigration).

Cet article donne des informations générales et ne constitue pas un conseil juridique sur une situation particulière.

Visa pour Taïwan : reprise pour les Marocains